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Le Queyras, les cols et ce qu'ils font au corps

Le mal des montagnes commence à 2 500 m : reconnaître, descendre, s’arrêter

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Le mal aigu des montagnes n’attend pas les sommets extrêmes : ses premiers signes peuvent apparaître dès 2 500 mètres, une altitude que beaucoup de randonneurs franchissent sans y penser en une seule journée depuis la vallée.

Les symptômes à reconnaître

Le mal des montagnes se manifeste d’abord par un mal de tête qui ne cède pas à l’effort de repos habituel, souvent accompagné de nausées, de fatigue inhabituelle et de troubles du sommeil la nuit qui suit la montée. Ces symptômes, pris isolément, ressemblent à une simple fatigue de voyage, ce qui explique pourquoi ils sont si souvent négligés dans les premières heures.

Le mal aigu des montagnes devient préoccupant lorsque les symptômes s’aggravent malgré le repos, ou lorsqu’apparaissent une confusion, une perte d’équilibre marquée ou un essoufflement au repos complet : ces signes signalent une forme plus sévère qui exige une réaction immédiate plutôt qu’une simple pause.

Chez l’enfant, ces symptômes peuvent être plus difficiles à identifier : une irritabilité inhabituelle ou un refus soudain de continuer à marcher méritent la même attention qu’un mal de tête clairement exprimé par un adulte. Dans tous les cas, l’apparition des symptômes après une montée rapide en altitude doit orienter directement vers cette explication, avant d’en chercher une autre.

Pourquoi ça commence autour de 2 500 mètres

À partir de 2 500 mètres, la quantité d’oxygène disponible dans l’air diminue suffisamment pour que l’organisme, s’il n’a pas eu le temps de s’acclimater, commence à en souffrir. Une montée rapide en une journée, par exemple en rejoignant un col du Queyras depuis une vallée nettement plus basse, laisse peu de marge à cette adaptation progressive que le corps réclame.

Le risque augmente avec la vitesse de montée et diminue avec les nuits passées à une altitude intermédiaire avant de continuer plus haut. Ce n’est pas une question de forme physique : un sportif entraîné n’est pas mieux protégé qu’un marcheur occasionnel face à ce mécanisme purement lié à l’altitude et à la vitesse d’ascension.

L’hydratation régulière et une montée fractionnée en plusieurs jours, plutôt qu’en une seule journée, restent les deux leviers les plus simples pour limiter ce risque avant même de partir. Éviter l’alcool le soir qui précède une nuit en altitude aide également, cette substance perturbant la respiration nocturne déjà mise à l’épreuve par le manque d’oxygène ambiant.

Descendre, s’arrêter : la seule vraie réponse

Face à des symptômes qui s’aggravent, la seule réponse fiable reste de cesser la montée et, si l’état ne s’améliore pas rapidement au repos, de redescendre vers une altitude plus basse. Continuer à grimper en espérant que les symptômes passent aggrave presque toujours la situation, parfois de façon grave.

Les organismes de référence sur les risques en montagne, comme l’ANENA pour la neige et les avalanches, portent le même message de fond : en cas de doute, il vaut mieux renoncer à l’altitude prévue que de forcer une progression pendant que le corps envoie des signaux clairs. Sur les itinéraires les plus fréquentés du massif, alerter d’autres randonneurs ou les secours en cas d’aggravation rapide reste le réflexe le plus sûr, plutôt que d’attendre une amélioration spontanée qui ne vient pas toujours.

Une fois redescendu de quelques centaines de mètres seulement, l’amélioration est souvent rapide et nette, ce qui confirme le diagnostic sans qu’un examen médical complexe soit nécessaire dans la majorité des cas simples. Reprendre l’ascension le jour suivant, à un rythme plus mesuré, reste possible pour beaucoup, à condition d’avoir laissé au corps le temps de se stabiliser.


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